hublistoo, le hub connecté aux réseaux sociaux Le Magazine | Le Club | Artistes, rejoignez-nous | Espace perso
Maraval Chantal


Maraval Chantal


Pays

France

Region

Midi Pyrenees

Ville

guitalens lalbarede

Site web

http://www.listoo.biz/web/maraval/

Nombre de favoris

3 favoris

Nombre de fans

1 fans

Dernière connexion

07-01-2012

 
 
photos
le mariage des hérissons
palette africaine
rêve hypnotique
les teinturiers
autrement
la tête bien faite
la leçon de musique
l'avatar
as de pique
family
le concert des anémones
galère bohème
suite >
 
favoris
Maraval Chantal
Maraval Chantal

Gilles Claudia
Gilles Claudia

Kamba & Picasso - Exposition d'artistes gabonnais
Kamba & Picasso - Exposition d'artistes gabonnais


  Abonnez-vous à la Newsletter

6947 visites

1 fans

CHANTAL MARAVAL
maraval.chantal@yahoo.fr
06.80.87.34.08

Chantal Maraval, née le 24 décembre 1951 au pays de Cocagne dans le sud de la France, a suivi les cours de beaux-arts et d’arts appliqués de Pierre Brignol en 1994-1995.

Expositions :
- 2010 : exposition à la médiathèque de Pampelonne
- 2008 : création de l’affiche de la pièce « Au pays de Juliette » jouée par la Compagnie du morse, théatre du rivage.
- 2003 et 2004 : exposition « 21 artistes autour de l’art contemporain » à Guérande.
- 2001 : exposition au Musée Goya à Castres.

Chantal Maraval répare les cadres depuis une dizaine d’années, principalement les cadres anciens, mais il lui arrive aussi d’en créer. Elle redore à la feuille les surfaces abîmées après les avoirs restaurées, reconstitue au millimètre les parties manquantes ou très détériorées ; toutefois, comme si ces trompe-l’œil périphériques l’avaient laissée insatisfaite, comme si elle ne pouvait plus se contenter d’un travail qui s’arrête au bord du cadre et cache aussi son jeu, elle a entrepris de faire prospérer celui-ci à l’intérieur, différemment, recouvrant en quelque sorte le vide pictural avec certaines chutes de ses matériaux, avec aussi quelques réminiscences. Dès lors, loin que le cadre ne soit que la frontière du tableau, la bande épaisse et en relief le séparant du mur où on l’accrochera, c’est le tableau lui-même qui est devenu comme un avatar du cadre. Un tel renversement réclame des explications.

Je ne pense pas que Chantal Maraval travaille en vertu d’un principe, fût-il pictural, qui serait comme le noyau générateur, sciemment élaboré, de sa pratique, non, il me semble qu’elle opère d’une façon plus intuitive, plus empirique, qu’elle accommode les restes de ce qui fut son activité et fait flèche, ou sagaie, de tout bois. Effectivement, même lorsqu’elle paraît donner dans l’abstrait, même lorsqu’elle multiplie les associations de rectangles et de carrés qui pourraient faire croire à des jeux conceptuels plus ou moins gratuits, voire à des mises en abîme du tableau, différentes figures, végétales ou humaines, surgissent ici ou là, notamment dans la marge, et à une échelle réduite. Mais en général sa thématique est composée de formes animées tout à fait reconnaissables.

L’Afrique noire est très présente dans le répertoire des emblèmes qui sont chers à cette artiste. Il y a, certes, les motifs géométriques, on en trouve certains sur les batiks réalisés au Mali, ou sur les velours du pays Kasaï ; mais on pourrait penser aussi au répertoire de formes simples et mordorées que l’on rencontre dans une grande partie de l’œuvre de Gustav Klimt. Il y a également les bêtes : éléphants, dromadaires, girafes, autruches et autres échassiers, poissons même. Toutes celles qui rythment les toiles – je dis cela parce qu’elles sont montrées hors du contexte naturel, désert, savane ou forêt, et qu’elles résonnent avec l’ensemble pour des raisons essentiellement plastiques – sont traitées avec une grande économie de moyens, en aplats chatoyants, qui luisent d’autant plus que le fond est généralement mat et dans des couleurs allant du beige et du brun rouge à la terre calcinée. De ces animaux sauvages on ne perçoit que les silhouettes schématiques, fortement stylisées et à peu près dépourvues de détails anatomiques, à l’exception des taches sombres sur fond de pelage clair, qui relèvent d’ailleurs d’une stratégie de camouflage assez courante dans la nature et semblent fasciner le peintre. Prenons un exemple significatif : voici deux girafes de profil, cadrées de près, dont les pattes prennent appui sur le bord doré de la toile, ces deux girafes sont hébétées, comme perdues au centre du tableau. Pourquoi cela ? Sans doute parce que leurs taches se sont envolées, littéralement, et de même que les feuilles d’or ou de cuivre se sont détachées du cadre pour mener une vie plus libre et plus intéressante dans l’espace du tableau, les taches qui ponctuaient la robe de ces bêtes semblent avoir pris la fille de l’air et l’envergure nécessaire pour devenir des nuages et maculer le ciel. Ces taches on les retrouve ailleurs, et même un peu partout dans l’œuvre de l’artiste, sous diverses formes, elles font partie de son vocabulaire.

Il conviendrait de parler aussi des masques – autre motif d’inspiration africaine -, auxquels, à l’instar de l’allusion à Klimt, tout à l’heure, des visages traités « à la Modigliani » font un clin d’œil espiègle. Apparemment ces masques ne dissimulent aucun faciès, ils tiennent bien tout seuls, parfois en équilibre les uns sur les autres, au point de se faire concurrence, au point de masquer partiellement les uns sur les autres – une référence, peut-être, à James Ensor, à ses accumulations de faces trouées et grimaçantes. Mais n’est-ce pas avec un mélange d’humilité et d’ironie que Chantal Maraval a disposé ces différents leurres à la surface de ses grandes toiles, des taches et des masques soigneusement répartis, derrière lesquels son visage s’embusque ou se protège, pour des autoportraits en décalage, toujours plus ou moins décadrés ?
Gilbert PONS


 
 
Listoogle  ::  

© Powered by Listoo -   |